Le matin du 13 février, l’Arménie se couvre de multiples feux. Dans chaque ville et chaque village, devant l’église, on se réunit après la messe qui célèbre la présentation du Christ au Temple, 40 jours après sa naissance.
C’est la fête du Trndez, (prononcé « té-reine-dèz »), qui vient du mot « Derendez », qui désigne un épi de paille.
Cette fête, l’une des plus importante du calendrier pour les Arméniens, remonte à la nuit des temps. D’origine païenne, destinée à honorer le dieu des récoltes pour obtenir de lui une terre fertile et une bonne récolte, elle a été christianisé dès le IVe siècle. Après la messe, donc, le prêtre allume un feu devant l’église, puis chante quelques prières, notamment des bénédictions pour les jeunes couples. Dans l’assemblée, de nombreux participants, les enfants particulièrement, portent le costume traditionnel arménien, le « taraz », formant une mosaïque de couleurs vives qui contraste avec le paysage d’hiver.
Autour de ce feu, on dansera des danses traditionnelles, notamment le « kotchari » qui se danse en rond, au son du « parkapzuk », une sorte de cornemuse. Les jeunes couples mariés dans l’année sont invités à sauter au-dessus du feu en premier, pour obtenir ainsi prospérité et fertilité, puis sont rapidement suivis de tous les membres de l’assistance qui le souhaitent. Comme dans de nombreuses autres cultures, ce saut au-dessus du feu symbolise également la purification et un nouveau départ pour la nouvelle année.
Bien entendu, une fête ne serait pas une fête sans de la nourriture partagée : khashil et harissa, des plats traditionnels du Caucase, font partie de ces tablées où chacun vient se servir généreusement. Pendant ce temps, chacun peut passer dans l’église allumer un cierge pour ses proches ou pour soi-même.
Quand le feu commence à mourir, on y allume des bougies qu’on rapportera chez soi.

